Drible do Pelé

En hommage à Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé.

J’ai ce goût de l’admiration et je dis qu’aqui é o país do futebol et que c’est là que Pelé driblou. L’image que je garde et regarde est celle d’un face à face. Une image télévisuelle. Une image déjà vieillie. Une lumière l’éclaire. Pour moi son relief et son fond sont en noir et blanc et mes impressions tournent avec abandon autour d’elle. Était-ce Pelé avec la Seleção ? Peut-être même au centre du Maracanã en pleine effervescence ? Et ceci avec cela n’est que pour parfaire l’imagination. En tout cas ce sont deux corps penchés l’un vers l’autre. Deux corps unis et séparés. Deux corps tendus se balançant et comme s’arc-contre-boutant. Quatre jambes nerveuses, chargées et piétinantes. Deux regards s’épiant, s’opposant, s’entretoisant des pieds à la tête, les yeux à demi prosternés vers la balle. Pelé a fixé l’adversaire. Pelé a arrêté l’adversaire. Pelé a invité l’adversaire. Ensuite il l’a défié, l’a provoqué, comme l’interrogeant, se balançant à son rythme en jouant de la hanche. Brusques saccades qui étourdissent l’attention. Après coup il l’a complètement déstabilisé, une fois, deux fois, encore une fois, feintant quelques faux départs par passements de jambes. Puis, d’instinct, d’un coup de rein rapide, lui-même subitement en bon équilibre, et réorganisant tous ses effets, il a poussé la balle à droite, non à gauche, non à droite, ou même par-dessous, se propulsant lui avec elle, s’échappant où il voulait…

Pelé_1960
Match Malmö-Brazil de 1960.

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