O Garoto de Copacabana

C’est un gamin. Je l’ai observé et admiré une première fois sur la plage de Copacabana. Et le lendemain aussi, et le surlendemain. Je n’étais pas le seul. Je pense qu’il doit avoir treize ou quatorze ans. Il s’appelle Matheus et chacun le veut dans son équipe. Il est léger et rapide. Il joue d’office au centre. C’est un numéro 10, un milieu de terrain, mais bien plus qu’un simple relayeur-récupérateur. Son jeu possède un extraordinaire pouvoir de conviction. Il repousse et il attire. Il dissipe et il transmet. Il offre ou refuse. Il rayonne autour de lui, et on le respecte. Il est réaliste et a pourtant des gestes-dentelles et des gestes-nœuds. D’un zigzag, d’un balancement, d’un crochet, je l’ai vu organiser un renouement, un renversement des perspectives, un équilibre supérieur, ou propager de nouveaux trajets, par conquête et jaillissement. C’est un relais lumineux. Un numéro 10 de talent, un milieu offensif doué d’un jeu à multiples facettes. Ses hanches commandent ses jambes qui contrôlent ou poussent le ballon, tandis que son torse demeure immobile, dans l’axe d’un regard interrogatif mais décisif. Quelquefois il va, dribblant tous les obstacles, droit devant lui. D’autres fois il fait d’éblouissantes passes aveugles, des passes parfaitement inattendues, qui ouvrent l’espace d’un entre-deux. Peut-être a-t-il déjà voulu faire mieux et bien davantage, mais que je ne comprenais pas…

Enfant à la balle

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